Compte-rendu sommaire des opérations dans la Somme (intégral)
 
 
Le 29 mars, le bataillon quitte les Flandres avec la 29ème D.I.
 
Arrivé à Sains-en-Amienois le 30, il y reste jusqu’au 2 avril au soir, la D.I. étant en réserve d’Armée.
 
Dans la nuit du 2 au 3, la 29ème D.I. monte en secteur. Le bataillon monte à Thezy-Glimont en réserve de D.I.
 
Le 4 avril vers 8 heures, le bataillon est alerté, le 8ème régiment de cuirassiers à pied se repliant assez rapidement par la vallée de l’Avre, et découvrant le flanc droit de la D.I.
 
Le bataillon est chargé de boucher le trou de la vallée de l’Avre et d’empêcher l’ennemi de tourner la droite de la D.I. ; la compagnie PERLEMOINE est poussée sur la croupe au S.E. de Hailles où se fait la rencontre avec l’ennemi.
 
Les passages de la Luce (confluent de l’Avre, voie ferrée) sont défendus par la compagnie MARRAST.
 
La compagnie de la FOURNIERE renforce en partie la compagnie PERLEMOINE et fournit la réserve du bataillon.
 
La section DUBOIS reste par ordre détachée pendant les journées des 4 et 5 avril à la défense de la sortie S.O. de Thennes que l’ennemi avait réussi à atteindre le 4.
 
Le bataillon conserve le sous-secteur de Hailles jusqu’au 11 avril dans la nuit. Mission : Tenir coûte que coûte Hailles et les passages du confluent de l’Avre et de la Luce.
 
Violents bombardements sur toute la ligne.
 
Dans la nuit du 11, le bataillon se concentre à Thezy en conservant toutefois la défense des passages de l’Avre et de la Luce (confluent et chemin de fer).
 
Le 12 avril, les Allemands attaquent et prennent Hangard dans la matinée. Le bataillon est alerté et reçoit ordre à 18h10 de se porter à Dommart sur la Luce (réserve de D.I.) et assurer coûte que coûte la défense du village, pendant qu’un bataillon du 141ème contre-attaque et reprend Hangard (La défense des passages de l’Avre et de la Luce continue à être assurée par une fraction du bataillon).
 
Bombardement très violent par obus explosifs et toxiques du village de Dommart et de ses abords.
 
Dans la nuit du 13 avril, le bataillon en entier se concentre à la cote 86 (1000 mètres au N.O. de Berteaucourt), réserve d’I.D.
 
La D.I. est relevée à partir du 14 au soir.
 
Le bataillon est relevé dans la nuit du 14 au 15 par un bataillon du 14ème R.I. et se rend à Hebecourt.
 
Cette période d’opérations a été très dure à tous points de vue.
 
La division en entier a eu à fournir un effort considérable. Les pertes de certains régiments (le 141ème et le 165ème) ont été très fortes.
 
Le bataillon de Fusiliers Marins a subi, lui aussi, de fortes et pénibles pertes, au total 350, en comprenant 224 intoxiqués. C’est relativement le cadre des Officiers de Vaisseau qui a été de beaucoup le plus éprouvé (il m’en restait 3 sur un total de 12).
 
Mais, les sacrifices consentis ont permis à la Division de remplir la rude tâche qui lui était assignée.
 
Le Commandant de Corps d’Armée a félicité les troupes.
 
Pour ma part, le Bataillon a reçu le 7 la communication suivante du Commandant de l’Infanterie Divisionnaire :
            « Je suis entièrement satisfait de la tenue des Fusiliers Marins dans la journée d’hier ».
 
D’autre part, le Général BERNARD, à la date du 8 avril, a bien voulu faire envoyer, par l’intermédiaire de l’aumônier, toutes ses félicitations au Bataillon.
 
Signé : MONIER
 
 
 
Extrait d’un compte-rendu des opérations de la journée du 4 avril
 
... Ainsi, sans se laisser influencer par des troupes retraitant, le bataillon – 1ère compagnie (Capitaine PERLEMOINE) en tête – va occuper une position sans défense, naturelle ou organisée, exposée aux vues de l’ennemi qui a atteint la cote 110 d’où il domine et d’où il voit notre organisation.
 
Malgré cet avantage et l’entrain que donne l’avance victorieuse des jours précédents, les tirs des fusiliers marins établis à la cote 82 et sur les défenses de la Luce ont arrêté l’ennemi le 4 avril.
 
La position paraissait si précaire qu’il avait été envisagé de faire sauter les ponts de Hailles sur l’Avre, qu’on conseillait aux marins de ne pas franchir et qu’un bataillon reçut l’ordre de reprendre la cote 82 supposée occupée par l’ennemi alors qu’elle l’était par nous.
 
La bravoure des marins, leur discipline, leur marche face à l’ennemi ont été récompensés, l’arrêt de l’ennemi ne leur a coûté qu’un tué et 13 blessés.
 
 
Etat des pertes du 4 au 14 avril inclus
 
-         Tués : 18 (dont 2 officiers)
-         Blessés : 106 (dont 4 officiers)
-         Intoxiqués : 224 (dont 6 officiers – Mr BONJOUR décédé)
-         Disparus : 2
 
            Officiers
 
-         Tués :         Lieutenant de vaisseau PERLEMOINE
                        Enseigne de vaisseau BURET (mort de ses blessures)
                        Enseigne de vaisseau BONJOUR (mort par intoxication)
 
- Blessés :        Lieutenant de vaisseau de SOLMINIHAC
                        Lieutenant de vaisseau BECAM
                        Officier des équipages FERRANDINI
                        Lieutenant de vaisseau de la FOURNIERE
 
- Intoxiqués : Enseigne de vaisseau FOURNERY
                        Enseigne de vaisseau FEUILLADE
                        Enseigne de vaisseau DEGOULET
                        Médecin de 1ère classe BELLOT
                        Médecin de 2ème classe BAILLET
 
 
Après les opérations d’avril, le bataillon est transporté dans la région de Verdun. Le Capitaine de frégate MARTEL en prend le commandement le 13 juin 1918 en remplacement du Capitaine de corvette MONIER.
 
Le 10 juillet, le bataillon s’embarque à destination de Calais et Dunkerque.
 
Le 26 août, il rallie la 29ème D.I. et la 10ème Armée (Général MANGIN). 

 
Le livre complet relié ou téléchargé : http://www.lulu.com "14/18 citations marine"
      



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